S’il s’agissait d’un blog, ce serait…

« I make music for my people », rappait l’ami NTM. So, moi, « I make words, sentences and articles for mi gente ». Eh oui les amis, je réouvre la boutique, en attendant la prochaine fermeture qui aura sans doute lieu, si, un jour, I meet a man (jajaja) ou a real job (jejeje). De nouveau au chômage et perdue, clandestinement, dans babylone,  au lieu de me préoccuper de l’alarmante situation, prefiero escribir. Sinon, j’envisage de me teindre, prochainement, en brune. Ce blog s’annonce passionant…Voila, le jour où ce blog s’éteindra vous en déduirez que je ne suis plus désepérée ou bien alors, trivialement, je serais morte. En attendant, vous trouverez des articles sur lo que me da las ganas et des photos sur le Mexique et la Ville de Mexico, que j’aime profondement et qui me donne l’impression d’être sous champi toute la journée.



Prisonnière de la Ciudad

Je suis tombée amoureuse de la ville depuis que j’ai commencé à voyager. Les villes sont le reflet des mégalomanies des hommes. Je suis capable de rester une heure à regarder un building. Dans la ville on est plus rien, sinon justement ce rien. La ville est territoire de contrastes et c’est pour cela que j’aime encore plus la Ciudad de México. On se croirait à la campagne et en même temps à New York, selon les quartiers. Les panneaux publicitaires remplassent la nuit un service d’éclairage public défaillant. Les nouveaux immeubles poussent comme des champignons pendant que les vieilles batisses coloniales semblent être abondonnées au passage du temps. C’est comme si on voulait oublier un passé. Un futur, futur Empire, est en train de pousser sur les ruines d’une histoire que l’on souhaite dépasser mais qui demeure dans les consciences de chacun. En France et en Europe occidentale, les vieux édifices historiques sont valorisés. Ici, non. On est pressé de construire l’avenir et de regarder le futur. On veut du neuf. La Ciudad de Mexico offre ainsi un voyage dans le temps : chaque facade d’édifices nous renvoient à une époque qu’elle n’a pas quitté. La ciudad de Mexico a l’enveloppe d’un vieux livre d’histoire dont les pages blanches se noircissent de l’écriture du prochain épisode.



Journacibles

elpais.jpg Article extrait du quotidien espagnol El Pais du 30 avril 2008 intitulé : Le Mexique et la Colombie parmi les pays avec le plus d’assassinats de journalistes irrésolus

«  La Colombie et le Mexique sont les deux pays qui enregistrent une plus grande impunité s’agissant des

cas d’assassinats de professionnels de l’information, selon une liste divulguée mercredi par le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) à la veille du Jour de la Liberté de la Presse, célébré le 3 mai. A la tête de cette liste, se trouve trois nations sous le joug de conflits belliqueux, l’Irak, la Sierra Leone et la Somalie puis 13 pays qui comptent avec plus cinq cas de morts irrésolus, entendu comme des cas n’ayant reçu aucun jugement. 

Baptisé Indice d’impunité, cette liste identifie « les gouvernements qui ont échoué dans la résolution des assassinats », selon le directeur exécutif du CPJ, Joel Simon et a pour objectif qu’ « en se voyant inscrit ici, ces pays aient honte d’être inclus ». Selon cet indice, le premier a être élaboré et qui sera annuel, figurent également, à part de ceux mentionnés, le Sri Lanka, les Philippines, l’Afghanistan, le Népal, la Russie, le Mexique, le Bangladesh, l’Inde et le Pakistan. 

« Les pays avec le pire historique d’impunité sont l’Irak, la Sierra Leone et la Somalie, qui sont traversés par des conflits », signale Simon qui, de plus, avertit que neuf pays sur les 13 « sont des démocraties comme le Mexique, ce qui souligne qu’il y a d’ « alarmants échecs des gouvernements élus pour protéger les journalistes ». 

Sur le Mexique et la Colombie, Simon explique qu’ils ont pour caractéristiques communes d’être des endroits où « en grande partie la violence est perpétrée par les Etats eux-mêmes, sans volonté politique pour combattre la violence de la société ».   

Dans le cas colombien, le rapport dénonce que « le conflit entre les paramilitaires de la droite, les guérillas de la gauche et les forces du Gouvernement a causé la mort de douzaines de journalistes ». « Dans la majeure partie des cas, les journalistes se sont convertis en cible pour ce qu’ils écrivent », affirme le document, qui signale qu’en Colombie, il existe au moins 20 cas irrésolus, dont l’assassinat en 2003 du reporter Guillermo Bravo Vega. 

Dans le cas du Mexique, « le narcotrafic, le crime organisé et la corruption officielle sont ses coups mortels », selon le CPJ, qui mentionne que 7 cas de journalistes assassinés n’ont reçu aucunes condamnations. La majeure partie des victimes étaient des reporters locaux comme Francisco Ortiz Franco, directeur de l’hebdomadaire Zeta, abattu dans la rue en 2004.   

Sheila Coronel, directrice du CPJ et professeur de l’Université de Colombie souligne aussi le cas des Philippines, un pays « dans lequel il y a eu 26 cas d’assassinants de journalistes depuis 2000 et seulement deux condamnations ». « Les Philippines ne sont pas en guerre, c’est une démocratie et un endroit mortel pour les journalistes » assure Coronel, qui dénonce dans ce pays asiatique la corruption de la justice et le fait que nombre de ces crimes aientt été commis par des policiers et des militaires. 

Le Comité pour la Protection des Journalistes est une organisation non gouvernementale fondée en 1981 qui défend la liberté d’information à travers la défense des droits des journalistes. « 



Parpados Azules

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Excellent film réalisé par le mexicain Ernesto Contreras. J’ai trouvé que c’est un article du quotidien national français Libération en date du 22 mai 2007 (çi-dessous) qui l’évoque le mieux, notamment concernant le passage sur la Ville de México. Bien qu’une erreur se soit glissée: il est faux de dire que même la soeur de l’héroine qui vient de remporter un voyage pour deux à la plage refuse d’y aller avec elle. A contraire sa soeur essaie de s’accaparer son lot au moyen d’un chantage sentimental.

«  Premier long métrage du Mexicain Ernesto Contreras sur un scénario écrit par son frère Carlos, Parpados

Azules («paupières bleues») est l’une des agréables surprises de la décidément imprévisible Semaine de la critique. C’est l’histoire charmante d’une jeune femme modeste qui gagne à la loterie de son entreprise. Premier prix : un séjour pour deux dans la station balnéaire Playa Salamandra, tous frais payés, ce qu’elle conçoit comme le plus fabuleux des cadeaux. Seul petit problème : Marina ne voit pas qui elle pourrait inviter ; elle est sèchement seule et même sa soeur ne lui fera pas la grâce d’accepter l’aubaine.

Néant. L’élu sera donc Victor, inopinément croisé dans la rue, qui se présente à elle comme un ancien ami de lycée, bien qu’elle n’en ait strictement aucun souvenir. D’ailleurs, Marina ne se souvient de rien. C’est comme si la vie avait glissé sur elle sans jamais y déposer le moindre sédiment. Victor, sur ce point, lui ressemble : il a lui aussi traversé l’existence dans une platitude solitaire, mutique et vertigineuse. De cette solitude objective, de cette misère affective qu’ils affichent benoîtement, ni Marina ni Victor ne conçoivent la moindre souffrance apparente ; et c’est bien cet étrange tempo, cet éloge vivant de la fadeur, du vide, du grand néant culturel et sentimental qui donne au film toute sa saveur paradoxale.

Pas facile pour un metteur en scène de nous attacher à des personnages si éminemment creux sans que jamais le mépris ou la moquerie n’affleurent. C’est pourtant ce que réussit Contreras, trouvant là le rare équivalent cinématographique d’une figure romanesque qui, de Melville en Musil ou en Bove, a fait les riches heures d’une certaine littérature.

Réalisme sobre. Les héros sans qualités de Parpados Azules ­ les deux principaux interprètes, très célèbres dans leur pays, font forte impression ­ ne seront frappés par aucune transcendance : ils ajustent progressivement leurs personnalités lisses, inventent la grammaire rudimentaire d’une liaison inévitable sans être gagnée d’avance. On pourrait presque en dire autant de la mise en scène, dont le réalisme sobre finit par produire sa propre étrangeté sans l’aide d’aucun effet ou artifice. Le Mexico quasi documentaire qui donne sa toile de fond au film est le troisième personnage principal de l’affaire. On y puise, en braconnant du regard, une foule d’informations sur la mégalopole latino-américaine, et on en retire l’intuition d’une ville cinéma qui ne demande qu’à être filmée. Pour un premier film, cela commence à faire un joli tableau de chasse. « 



La fin de l’Europe française? (1ère partie)

foreinaffairs.jpg That is the question que Steven Philip Kramer se pose et exlore dans  cet article publié dans la revue Foreign Affairs en espagnol d’octobre-décembre 2005. Ce mec est professeur des Etudes de Sécurité Nationale au College Industriel des Forces Armées à l’Université Nationale de Défense, aux Etats-Unis.

«  Le 29 mai de lannée dernière, lors dun referendum au niveau national, les électeurs français ont rejeté le projet dune nouvelle constitution pour lUnion Européenne (UE). Bien que attendu, ce vote a plongé lUE vers un prolongement incertain. Ce fut également un indice clair que la France elle même est en crise. En disant non à un projet élaboré en grande partie par ses propres dirigeants, les électeurs français en réalité nont pas reconnu leurs propres dirigeants et, au passage, ont exporté la crise de leur pays à lUE. Lintégration européenne et la constitution pour lUE furent en grande partie des acharnements français et pendant longtemps la France a été le leader naturel de lEurope. Un an après le vote, la question fondamentale qui persiste est de savoir si le vote du non, ajouté aux émeutes postérieures dans les banlieues de Paris et, plus récemment, les protestations massives contre la réforme du travail pour les jeunes ont détruit la capacité française de conduire lUE, institution dont la France a tant fait pour sa création. 

(

A présent, les grandes ambitions de la France semblent se heurter à léchec. Léchec de la constitution pour lUE du référendum de lannée passé est dû a deux facteurs : une crise généralisée dans la société française et les défauts inhérents au concept français de lEurope. La première révèle le fait que le modèle français daprès-guerre –politique, économique et social- ne fonctionne plus bien. La France manque de confiance en elle-même; son élite est divisée dans des affaires fondamentales et a perdu la confiance du public. Son économie a souffert dune  croissance lente durant une décennie, son modèle dassistance sociale présente des problèmes et son système dintégration ethnique a été défié lors des récentes émeutes. Alors que, les postures de la France sur lUE sont devenues chaque fois plus égoïstes et défensives. Une UE élargie sous la tutelle de Paris a été vue avec irritation, et les citoyens français ne cachent pas leurs inquiétudes devant les implications de cet élargissement. 

On ne peut pas douter que, malgré le rôle central de la France dans la création de lUE, la relation du pays avec lEurope na jamais été facile. Bien que Paris a fait de lintégration européenne la pierre angulaire de sa politique étrangère après la Seconde Guerre Mondiale, les dirigeants français ont toujours été peu disposés à céder de la souveraineté nationale aux institutions supranationales uils ont contribué à faire naître ; la preuve est léchec de la Communauté de Défense Européenne en 1954 (essai pour établir une armée européenne intégrée au sein de lOTAN pour éviter le réarmement de lAllemagne Occidentale comme force nationale) et la quasi déroute du traité de Maastricht lors dun référendum français en 1992. Au cours de la Vème République, la France a voulu des choses contradictoires de lintégration européenne : un bloc supranational qui aurait une position forte sur le monde, mais qui nécessiterait le sacrifice minimum de la souveraineté nationale de la part de ses membres. Les dirigeants français ont cru quune communauté européenne fondée sur une action intergouvernementale (dans laquelle la prise de décision résiderait principalement sur les représentants des Etats membres) offrirait les meilleurs moyens pour réconcilier ces deux objectifs. Mais ce fut précisément cette UE intergouvernementale que les électeurs français ont rejeté en mai dernier. 

Il faudrait considérer ce vote comme un avertissement. La France a besoin de redessiner sa stratégie nationale, à la manière quelle la fait après 1870 et 1945. Bien que la rénovation française ne soit pas une condition suffisante pour le futur développement de lUE, cest une condition nécessaire. Malheureusement, la France na rien réussi sur ce front depuis mai 2005. Si quelque chose sest produit, cest que les choses se sont détériorées. 

Sortant des cendres 

Dans son célèbre livre LEtrange Défaite, le grand historien Marc Bloch décrit son expérience en tant quofficier de la réserve française durant la désastreuse Bataille de France en 1940 et se sert, ensuite, de sa formation dhistorien pour expliquer les causes de la débâcle. Selon Bloch, la rapide capitulation de la France devant les nazis ne fut pas seulement un échec militaire, mais la conséquence de problèmes plus fondamentaux dans la société française. Largument de Bloch est valable pour lépoque actuelle : comme lhumiliation des forces armées françaises il y a plus de 60 ans, léchec du referendum de lannée passée a révélé à quel point était enracinée la crise de légitimité surgie de lincapacité du gouvernement pour résoudre des problèmes de long terme. 

Les résultats de 1940 sont également instructifs. Après la guerre, la rapide chute de la France a produit une croyance généralisée quil était nécessaire un changement radical dans la structure du pays. Mais en raison de léchelle de la déroute et de la fragmentation de la société française, des décennies étaient nécessaires pour établir une réponse cohérente et convaincre la majorité des dirigeants et de la population française de le reconnaître. 

Parmi les éléments basiques du modèle français daprès guerre (modifié en 1958) existaient un pouvoir exécutif fort et un parlement faible; un système économique avec un grand secteur étatique et un important rôle de planification étatique; un large système dassistance qui offrirait des prestations généreuses sagissant de la santé, la retraite et le chômage, et une éducation supérieure gratuite; lappui à lintégration européenne basé sur un modèle intergouvernemental; lusage de lassociation franco-allemande comme instrument pour le maintien de la paix en Europe et lapplication de linfluence française; la reconstruction du système de défense de la France concernant la force dissuasive nucléaire, et une attitude ambivalente face aux Etats-Unis, consistant en la coopération pratique en termes concrets, mais en lopposition doctrinaire devant la perception de lhégémonie étasunienne. 

A la fin des années 80, le nouveau modèle français sétait cristallisé. Pour la première fois dans lhistoire moderne, la classe politique française semblait être daccord sur les sujets basiques de la défense, les affaires extérieures et les politiques économiques et sociales. Lalternance entre gouvernements de gauche et de droite na pas provoqué des changements significatifs de politiques. Lironie est quaux alentours de cette période le modèle commencer à faillir. 

Lexplication la plus simple de lactuelle crise en France est Jaques Chirac. Chirac a eu plus de réussites à dérouter ses rivaux et acquérir du pouvoir quà lutiliser. Beaucoup de ses difficultés proviennent de son incapacité daccomplir ses engagements de campagne de 1995 pour se concentrer sur l « homme oublié », celui qui a été exclu des avantages de la société française. Pour en rajouter, Chirac a montré un tendance jusquà la prise de risques (). Par exemple, en 1997, il a décidé de dissoudre lAssemblée Nationale prématurément, sans avoir, auparavant, établi un thème persuasif pour la prochaine campagne. Ce qui a conduit à la victoire socialiste aux élections parlementaires, chose qui a obligé Chirac a collaboré avec un premier ministre socialiste, Lionel Jospin, durant les cinq années suivantes. Une autre erreur similaire fut de sallier avec le successeur gaulliste de Jospin, limpopulaire Jean-Pierre Raffarin, de 2002 à 2005, et dentamer un référendum non nécessaire sur la constitution pour lUE. Egalement infructueuse fut la rencontre télévisée de Chirac avec des jeunes durant la campagne pour le référendum, quand le président, déjà âgé, na pas su montrer sa capacité de répondre aux préoccupation des jeunes. 

Ces erreurs ont rendu impossible une nouvelle candidature de Chirac. () Le président est lauteur de ses propres infortunes et sa responsabilité sagissant des problèmes généraux de la France est énorme. Mais les échecs de Chirac reflètent aussi les défauts subjacents du système politique et constitutionnel français. 

Le problème constitutionnel fondamental quaffronte aujourdhui la France est le même quil y a 200 ans : comment équilibrer les pouvoirs de lexécutif et du législatif. La France a oscillé entre les modèles gouvernementaux qui concèdent une excessive autorité à lexécutif et ceux qui engendrent des parlements tout puissants. Quand léchec de la IVème République a contribué au retour de Charles de Gaulle en 1958, ce dernier a crée un nouveau système (la Cinquième République) qui donnait une grande force au président et quittait au Parlement une bonne partie de son indépendance et de son pouvoir. De la même manière, De Gaulle a établi un mécanisme par référendum qui lui a permis de renouveler son mandat à travers un vote populaire direct et qui marginalisait encore plus le législatif. 

Cest ironique que ce même processus de referendums est devenu une des manières pour que le public français montre sa désapprobation au gouvernement et au président. Les référendums peuvent facilement devenir des plébiscites et les plébiscites des échecs. En considérant ceci, peut-être, ce fut imprudent de soumettre la constitution pour lUE au public à travers le vote populaire. 

(

La racine du mécontentement politique du public français est principalement dordre économique, et savère être le résultat, surtout, dun chômage chronique. Après la Seconde Guerre Mondiale, la planification économique centrale et un large secteur étatique ont aidé à ce que la France réussisse 30 années de rapide croissance économique. Toutefois, à partir des années 90, le gouvernement a commencé a libéraliser léconomie. La planification étatique sest réduite, les industries nationalisées ont été privatisées et les entreprises françaises ont commencé à être en concurrence au niveau global. Mais le chômage sest maintenu aux alentours de 10% durant deux décennies. La principale cause de ce problème a été le marché hautement restrictif de la France, qui fait que les employeurs sont réticents à contracter de nouveaux travailleurs lors de bonnes époques parce quils ne pourront pas les licencier durant les mauvaises. 

Pour remédier à ce problème, les gouvernements français ont essayé de « répartir » lemploi en réduisant la semaine de travail à 35 heures, encourageant les retraites anticipées et en créant des emplois temporels dans le secteur public pour les jeunes. Aucune de ces mesures n a été efficace pour réduire le chômage de long terme, et quelques-unes, comme la retraite anticipée, ont seulement augmenté les déficits de lEtat providence. Les femmes, les minorités et les jeunes sont, en particulier, les plus vulnérables. 

Au début de lannée, le premier ministre Dominique de Villepin a essayé daborder le problème du chômage des jeunes en créant des contrat de travails temporels pour les employés qui travaillent pour la première fois et qui ont moins de 25 ans, qui permettraient quils soient licenciés sans aucune justification durant leurs deux premières années. Toutefois, cétait peu probable que cette mesure réduirait considérablement le chômage et elle a seulement réussi à rendre furieux les jeunes français, qui aspirent au même type de sécurité de lemploi dont  jouissent leurs aînés. La décision fut aussi impopulaire parmi les travailleurs adultes dâge plus élevé, car ils avaient peur que ce soit le début dun précédent pour leur enlever leurs protections de lemploi. Le résultat fut un mois de grèves et de protestations qui ont terminé quand le gouvernement a abrogé la loi. 

Peut-être, le coup le plus dur du problème du chômage en France est celui des minorités ethniques du pays. Bien quil est habituel les appeler « immigrés », beaucoup de ces personnes sont en réalité des citoyens français de seconde génération. Les émeutes quils ont lancé à lautomne 2005 ont rappelé les troubles raciaux urbains qui ont secoué les principales villes des Etats-Unis dans la décennie 60. Les émeutes françaises furent beaucoup moins violentes que celles des EEUU. Mais la situation des minorités ethniques en France est pire que celle des afro étasuniens des années 70. Les noirs étasuniens disposaient dun mouvement de masses en faveur des droits civils qui les défendait ainsi que des dirigeants talentueux tel que Martin Luther King Jr. Les noirs étasuniens étaient aussi représentés au Congrès, dans les gouvernements locaux et dans les deux partis principaux. Le président Lyndon Johnson comprenait leur cause et a impulsé diverses lois sociales et sur les droits civils au Congrès qui jusquà la fin de ce siècle a produit des résultats importants. 

Dans la France actuelle, les ne partagent même pas une identité collective et manquent dorganisation et de représentation dans le paysage politique français. Dans la décennie de 60, les étasuniens blancs au moins considéraient les noirs tandis quen France la majorité des habitants des banlieues ethniques pauvres, indépendamment de leurs nationalités réelles, sont considérés par les autres citoyens français comme des étrangers. Le fait que les ethnies pauvres de France soient aussi musulmanes naide pas non plus à une époque où lIslam inspire de la peur à toute lEurope. 

De plus, les noirs étasuniens sont arrives finalement à bénéficier de la discrimination positive, qui a contribué à accélérer leur transition vers la classe moyenne. Le credo républicain français fait de ce type de politique quelque chose dinacceptable pour les tendances publiques générales. Mais comme lont montré les émeutes, lindifférence (bénigne ou pas) des ethnies pauvres de France nest plus possible. Bien que seules les politiques à long terme puissent provoquer un changement fondamental, laction immédiate est nécessaire pour démontrer que lEtat est engagé pour les aider.  Toutefois, il ne semble pas quune telle action soit visible à lhorizon. Pendant que lEtat providence de la France maintient une organisation qui ne suit pas les lignes égalitaires, mais un traitement par corporations. Des professions distinctes conservent de différents systèmes de retraites et défendent leurs privilèges avec férocité. Régulièrement, la réforme du marché de lemploi et de lEtat providence est obstruée par des groupes, comme les syndicats du chemin de fer et celui du métro. Les gouvernements de France, en se souvenant de la proche Révolution de Mai 1968 éludent presque toutes les confrontations avec les travailleurscomme ce qui sest passé ce printemps. Le résultat est une impasse. 

Lincapacité dasseoir les réformes est justifiée également par lallusion à des fantasmes tels que la globalisation et ce que Chirac a appelé, que ce soit par cynisme ou parce quil le croyait réellement, le courrant ultra libéral qui pourrait conduire à une Europe « anglo-saxonne et atlantique ». Peu importe que la France concourre très bien dans un monde global ou quil ny ait pas seulement un « modèle anglo-saxon » (de fait, le Royaume Uni est plus près de lEtat providence européen que celui étasunien). Peu importe que quelques démocraties européennes très petites, comme la Suède, ait beaucoup de succès en réconciliant une économie vigoureuse et compétitive et un marché du travail ouvert, avec un degré plus élevé dégalité et de solidarité sociale que celui qui existe en France. 

Réunis, ces facteurs ont contribué à la stagnation économique et à l’agravation des problèmes sociaux qui sont en train de diminuer l’influence de la France en Europe. Après tout, comment Paris peut-elle conduire l’UE, qui est une organisation principalement économique, si elle n’est pas capable de réduire son propre chômage chronique dans son pays ? La France n’a même pas pu réussir à diminuer son déficit budgétaire à 3% du PIB, comme l’exigent les règles de l’Union Monétaire européenne; pour éviter des sanctions la France (avec l’Allemagne) a du réécrire ces règles. « 



Cobh (IRLANDE)

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Sarajevo (BOSNIE)

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Puebla (MEXIQUE)

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Les Farc, une jeune hollandaise déchante

nexos.jpg Au cours de l’été 2007, l’armée colombienne fit une incursion dans un retranchement des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC). Elle y découvrit le journal intime d’une jeune hollandaise de 29 ans, Tanja Nijmeijer qui avait rejoint la guérilla en 2002. Des extraits de ce journal ont été publiés en janvier 2008 dans la revue étasunienne Harper’s et en avril 2008 dans celle mexicaine Nexos. Ces écrits brossent le portrait d’un quotidien ennuyeux où la culture et la diversion sont absentes. Et où les intérêts individuels et les comportements communs des hommes ont pris le pas sur le fonctionnement d’une organisation qui se dit régie par l’idéologie marxiste.

«  21 juillet 2006

Deux camarades de notre groupe ont le sida, peut-être ils sont plus nombreux. Ici, personne n’utilise des préservatifs. La jeune fille contaminée ne comprend pas ce que ca signifie. Elle m’a annoncé la nouvelle avec un grand sourire. Son copain s’en fout. Ici, tout le monde baise tellement que le groupe pourrait finir contaminé en entier. Par chance, mon petit indien est sain parce qu’il était encore vierge à 25 ans! Il en souffrait et il ne me l’a jamais dit, mais je le savais depuis le début. J’espère seulement que ca ne lui a pas trop plu et qu’il ne va pas baiser avec d’autres femmes.

22 novembre 2006

Quelque chose de véritablement décevant de mon camarade Karel. Sa copine lui a refilé une maladie sexuellement transmissible, on sait tous qu’elle baise avec tout le monde. Cette pute de merde doit faire partie du groupe ennemi, j’en suis sure à 99%. Ils l’ont suremenent envoyée pour déstabiliser le leader de cette unité. Je ne suis pas la seule qui pense ça.

24 novembre 2006

Je suis fatiguée. Fatiguée des FARC, fatiguée des gens, fatiguée de vivre avec les autres, fatiguée de ne jamais rien avoir pour moi. Ca vaut la peine si tu sais que tu luttes pour quelque chose, mais, en réalité, je ne crois plus en la cause. Qu’est ce donc cette organisation où quelques uns ont de l’argent, des cigarettes, jusquà des friandises (…)? Depuis que je suis arrivée ici, c’est toujours la même chose et rien ne change. Une fille avec des gros seins peut réduire en lambeau les efforts de ceux qui ont travaillé ensemble pendant des années! On doit travailler tout le jour pendant que les commandants parlent de choses stupides. Je suis énervée qu’il me donnent des leçons sur ce que c’est d’être communiste, d’être honnête, d’être économe, d’être obéissante alors que ce sont des hypocrites. Voici mon problème : je m’entraine avec Karel pour ce qu’on supose être une mission urbaine, mais je sais que jamais je ne sortirais de cette jungle. Je veux sortir d’ici ou, au moins, sortir de ce groupe. Mais je me suis faite avoir, je suis comme une espèce de prisonnière. Je veux être dans une unité de combat. Au lieu de ca, je dois continuer d’observer, de m’exercer, de parler et d’écouter s’agiter les autres. Plus difficile, je me sens inutile. Il n’y a pas de sortie.

13 avril 2007

Ici, les épouses des commandant sont au courant de tout et peuvent donner des ordres. Elles ont le droit d’avoir des enfants. Elles ont même du shampoing et de la lingerie.  Ca ne semble pas juste. Comment ca va être lorsque les FARC seront au pouvoir? Les femmes des commandants auront des seins en silicone, conduiront des ferraris et mangeront du caviar? Actuellement, la femme du commandant a de la lingerie avec de la dentelle et, si tu as de la chance, elle te la donnera si elle décide de ne pas la foutre à la poubelle. Je me demande si, au fond, ils n’ont pas honte. Je devrais être contente de ne pas être ainsi, de me foutre du pouvoir et des bonnes choses. Mais ca fait mal de voir ces choses. Je suis triste.

15 avril 2007

J’ai rencontré un jeune homme tant agréable, très innocent, pas du tout mondain et gentil avec moi. On a été ensemble pendant trois jours mais ils l’ont envoyé se battre loin du camps et je suis de nouveau seule. J’ai besoin d’un amant pour arrêter de me sentir aussi seule et inutile. Tout ce que je fais est de surveiller, faire les lits, couper du bois et cuisiner. Et chaque fois je sens encore plus de haine envers moi. Ces gens sont envieux et rusés. Ils disent que ca leur vient de leur « Sang Indien »- ils sont fièrs de cette héritage. Ils font des commentaires ambigus, te piègent, te guettent. C’est vraiment de la merde.

9 juin 2007

Je m’ennuie et je suis morte de faim. Aucun ennemi n’est en vue, et donc pour la millième fois on doit étudier les documents des FARC et répéter ce qui a déjà été expliqué trente fois. Des choses comme : pourquoi tu mérites d’être réprimandé, ou pourquoi tu ne dois pas t’endormir quand tu es de garde. Ha! La seule chose que je peux faire et me rapeller que ces choses sont une des conséquences d’avoir choisi d’être ici. Je savais dès le début qu’ici, il n’y aurait aucun défi intellectuel.

14 juin 2007 (matin)

Parfois je rêve de ma mère et je me réveile en pleurs. Toujours la même question : aurais été heureuse si je serais restée avec ma famille en Hollande? Je ne crois pas. Cette jungle est ma maison. Les FARC sont ma vie, ma famille.

14 juin 2007 (soir)

Ils m’ont permis aujourd’hui d’accompagner un commandant en tant que « vigile ». Les commandants vont à des endroits et font des blagues idiotes, fument et nous achètent des frites et des sodas, ce pourquoi il est supposé qu’on doit se montrer reconnaissant. Je pense à mes camarades d’ici, qui portent de la nourriture sur leurs épaules tout le jour et ne recoivent même pas un sac de pommes de terre de leurs commandants. Parfois, je n’ai pas envie d’obéir aux ordres, ordres d’hommes sexistes qui me puniraient si je ne fais pas ce qu’ils disent. J’aimerais retourner un moment à la société hollandaise, sans sexistes ni personnes qui pensent savoir tout meilleur que moi. Ce serait la paix. « 



Au quotidien

Dans la Ville de Mexico, une  nuée de fourmis s’agitent dans les antres d’un corps décharné. Elles se lèvent avec la bénédiction du soleil et se trémoussent tout au long du jour sous une pluie de salsa. Il y a des hommes d’affaires aux costumes repassés, des vendeurs ambulants, des cireurs de chaussures et des chauffeurs de taxi qui font la sieste sous un palmier. Des femmes qui se maquillent dans le pesero et d’autres qui n’ont pas encore oté leurs bigoudis jaunes dans le métro. Il y a des nouveaux riches et des éternels pauvres, des villageaois en exode et des guatémaltèques cheminant pa’l norte. Il y a des cubains exilés, des argentins détestés, des prostitutés importées, des anglais bourrés, AMLO sauveur de l’Humanité, des intellectuels naturalisés, des japonais déstréssés, un milliardaire libanais, des Farc à l’université, des coréens exploités et bien sûr, Phon Thai Ping, restaurant chinois.